Archives de Catégorie: Santé

Discours du 26 avril: un médecin répond point par point à Faure Gnassingbé…

Un médecin répond point par point aux propos de Faure Gnassingbé et fait des révélations

Un médecin répond point par point aux propos de Faure Gnassingbé et fait des révélations

Dans son discours du 26 avril dernier, au lieu d’annoncer des mesures d’apaisement, Faure Gnassingbé a préféré chargé les corps enseignant et médical, évoquant même une politisation des revendications sociales. Pour toute solution, il annonce des assises nationales pour les deux corps particulièrement. Et la réaction ne s’est pas fait attendre. Un membre du corps médicale, qui a préféré l’anonymat, a tenu à répondre point par point à M. Gnassingbé, avec à la clé des révélations (chiffres à l’appui) sur le système médical de notre pays et la situation préoccupante du CHU-Sylvanus Olympio. « Un discours d’une petite transparence gélatineuse et sans vertu aucune qui n’augure rien de bon pour mon pays », constate cet agent de la fonction publique. Intégralité du document. Lire la suite

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Gestion catastrophique des hôpitaux: le CHU Sylvanus Olympio sans ambulance!

CHU Sylvanus Olympio, le plus grand hopital du Togo, sans ambulane ni eau de javel.

CHU Sylvanus Olympio, le plus grand hôpital du Togo, sans ambulane ni eau de javel.

Ce n’est vraiment pas une grande révélation que de dire que le système de santé togolais est abandonné dans un état catastrophique par le pouvoir togolais. Mais, ce n’est pas superflu de revenir sur certaines situations révoltantes, comme celle qui a secoué le CHU Sylvanus Olympio samedi 23 fevrier dernier et qui a encore permis de se rendre compte de la gravité de la situation du plus grand centre hospitalier du Togo… sans ambulance. Lire la suite

Exclusif! Un chirurgien togolais adresse un brûlot au Premier ministre Ahumey-zunu… « je suis excédé »

Une manifestation du personnel soignant au CHU-Sylvanus Olympio de Lomé (archives)

Une manifestation du personnel soignant au CHU-Sylvanus Olympio de Lomé (archives)

Exclusif! Voici un coup de gueule d’un medécin togolais adressé au Premier ministre Arthème Ahumey-zunu. Véritable brûlot, cette correpondance dont nous avons eu copie décrit des failles dans le système de gouvernance dans notre pays. De la santé à la politique en passant par le sport, ce medécin semble en avoir marre de tout. « Je suis excédé », peste-t-il dans sa lettre qu’il a voulu anonyme. Lire la suite

Lorsque la route devient un tombeau au Togo : Plusieurs morts signalés après les victoires des Eperviers

Célébration de la victoire des EperviersS’il y a des morts devant lesquelles l’homme et toute sa connaissance scientifique sont impuissants, il y en a aussi qui sont largement évitables. Elles sont gratuites lorsqu’elles surviennent. C’est le cas de certains Togolais qui ont perdu leur vie, dans la foulée de la célébration de la qualification des Eperviers pour les quarts de finale de la Can Afrique du Sud 2013. Lire la suite

Pollution: Quand un quartier de Lomé se transforme en étang de déchets liquides toxiques

Depuis plusieurs années, les habitants de Bè Massouhoin sont obligés de cohabiter avec des étangs de déchets liquides. Plus les jours passent, plus la situation devient préoccupante. Reportage. Lire la suite

L’histoire de l’ « assassinat » d’un jeune qui a vu venir, impuissant, sa mort: qui a achevé l’humoriste Yao Borma au CHU Sylvanus Olympio?

Nous avons appris la nouvelle dans la journée de jeudi 25 novembre dernier. Un jeune humoriste a été admis la nuit précédente au Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio de Lomé, après avoir été fusillé la nuit précédente par des éléments de la Gendarmerie togolaise.

Derrière ce mur du premier Centre Hospitalier Universitaire du Togo, tellement de choses mystérieuses se passent. Beaucoup y rentrent, mais il faut être chanceux pour en ressortir vivant.

Admis à la réanimation, son état a été stabilisé. « Tout ce qu’il voulait faire, il le demandait à le faire lui-même, par exemple, il se levait pour uriner lui-même », a indiqué son grand-frère sur une radio Locale à Lomé. Seulement, son poumon droit est gravement atteint. Il faut faire une ablation. les balles ont également touché son bras. Il faut opérer la victime. Les ordonnances ont été prescrites. La famille fait l’effort de rassembler le nécessaire. malheureusement, l’opération ne sera jamais réalisée, jusqu’à ce que le jeune ne passe de vie à trépas le lundi 29 octobre, soit cinq jours après sa fusillade.

Et voici le déballage. profondément choquée par la nouvelle, la famille décide de ne pas se taire sur ce qui a pu se passer avec leur fils et frère. Son grand frère est convaincu que « ben » (le surnom de l’humoriste) a été « achevé » sur son lit d’hôpital. Et voici pourquoi?

« C’est dans la nuit de mercredi, vers 23h que mon frère cadet m’a appelé mon petit frère ben s’est fait fusillé par des hommes armés. Mon premier réflexe, je lui dit de chercher un taxi et de le transporter à l’hôpital. Cinq minutes après, il m’appelle et me dit qu’il y a une brigade de Gendarmerie qui est arrivé sur les lieux et qui l’empêche d’avoir accès à notre frère blessé. Je me suis transporté sur les lieux, j’ai approché un gendarme et je lui explique que je suis son grand frère et que je suis arrivé pour le transporter à l’hôpital. Il me dit qu’il me dit qu’il ne peut pas me laisser le transporter qu’il y aune autre unité de gendarmerie qui doit venir encore avant qu’on ne puisse le prendre. j’ai commencé par le gueuler…j’ai attendu pendant des minutes, je désespérais et la voiture arrive enfin. Un corp habillé est sorti de la voiture, je l’ai approché il n’a pas voulu m’écouter. Il s’est transporté sur le lieu du blessé. Et tout ce temps; moi en tant que son grand frère, ils n’ont pas voulu me laisser aller sur les lieux. Quand ils sont revenu, le monsieur a pris le téléphone, il a commencé par parler avec quelqu’un et il dit « je suis sur les lieux, on a fouillé la voiture et on a retrouvé un pistolet artisanal dans la voiture ». Sans vous mentir, j’étais sur les lieux avant que l’unité là n’arrive et ils n’ont même pas fouillé la voiture de mon frère en question. La seule chose qu’ils ont faite est qu’ils se sont transportés sur les lieux et quand il est revenu, il a commencé par appeler.

Entre-temps, on a un autre frère officier, on l’a appelé. Il est arrivé sur les lieux. Ils les approché, on lui a donné accès au lieu. On le croyait mort c’est lui (l’officier) qui est parti remarquer qu’il vivait, qu’il respirait encore. On le transporte à l’hôpital où on l’a traité et le lendemain il a retrouvé son état et quand il s’est réveillé il m’a parlé ».

Selon la version de la famille, Ben et un autre du nom de Edem revenaient du Ghana voisin (à quelques minutes  de Lomé) où ils sont partis chercher, comme d’habitude, du carburant dans uns station d’essence avec un reçu à l’appui. Généralement, arrivés à la frontière on les fait payer, avant qu’il ne rentre sur le sol togolais. C’est à leur retour qu’ils ont remarqué qu’ils sont suivis par « une voiture noire », ce qui les a poussés à filer vers la maison où ils pensaient devoir être en sécurité. c’est à la devanture de leur maison, pendant qu’ils tentaient de renter et le temps de raconter leur mésaventure à un frère qui, lui, était à la devanture avant leur arrivée, les bourreaux les ont rejoints. « Ils ont commencé à les tabasser et ils ont crié au secours, quand les gens sont sortis, les bourreaux se sont retournés vers les gens et mon petit frère lui a pu s’échapper et le temps qu’ils rentre ils ont ouvert le feu sur lui et quand il est tombé ils sont venus lui mettre une balle dans le dos et ont tenté de l’étrangler. Il a réussi à mordre la main de celui qui l’étranglait et il a joué au mort. Ils revenu revenu le piétiner avec leur Rangers et sont repartis », a raconté le grand-frère, pasteur de son état, qui dit ne fait que reprendre ce que son frère lui a confié avant de mourir.

A l’hôpital, les ennuis de Ben ont continué. « les médecins m’ont dit, il est hors de danger. On retrouvé un gaz dans son poumon  atteint par les balles, donc on va l’opérer et faire l’ablation du poumon et qu’il va vivre avec un poumon« . On devrait l’opérer le dimanche. Mais rien. L’opération est reporté au lendemain, lundi.

Entre-temps, le malade qui semblait se porter « bien », puisqu’il faisait tout de lui-même, a manifesté des craintes. « Grand-frère, ses médecins vont me tuer« , a confié la malade à son frère. « Regarde, je respirait bien, mais depuis qu’ils m’ont fait quelque chose, je ne respire plus normalement; il y a parmi eux, un qui me traite bien, Stp dit lui de ne pas quitter la salle, et s’il faut le payer, on va lui payer », réclamait-il.

« Lui même appelle celui en qui il avait confiance et lui dit de ne pas quitter la salle, que même s’il faut lui payer, son frère va le faire. Et la personne de lui dire qu’ils travaillent en équipe, que lui il doit partir pour que d’autres viennent. Il ne voulait pas que moi même je quitte la salle de réanimation. j’ai dû le tromper que je dois aller acheter un produit avant de sortir de la salle  et ‘c’est la dernière fois que je parle avec mon frère. Je ne savais pas que mon petit-frère savait qu’il devait être achevé dans cet hôpital Sylanus olympio« .

Le dimanche, l’anesthésiste m’a appelé pour une situation. Il me dit que mon frère ne respire pas bien.  Je suis allé, je n’ai pas reconnu mon petit-frère. Il avait les tuyaux dans le nez et un peu partout. Le dimanche vers 13h, j’ai forcé et je suis rentré dans la salle quand j’ai vu mon petit-frère, j’ai dit ce n ‘est pas possible. j’ai dû appeler un ami docteur qui était à Lomé et qui est maintenant à l’extérieur. c’est qui qui me dit que les docteurs ont refusé de faire l’opération, que rien ne les empêchait de faire l’opération. Que, de jeudi à dimanche, l’infection a dû s’aggraver ». « Sans te mentir, tu es un homme, ton frère ne va pas vivre. C’est sûr qu’ils n’ont pas pris la décision eux-même, puisque c’est leur travail de sauver les vies humaines, quelque eu soit le risque, il faut tenter. S’il vous ont donné l’ordonnance c’est qu’ils voulaient le faire, mais peut-être comme c’est un cas juridico-chirurgical, on leur a demandé de ne pas intervenir ».

Vous avez compris. Le jeune n’a pas survécu. « Mais qu’est ce qui s’est passé par la suite? »a retorqué un chirurgien lorsque je lui apprenais la nouvelle, lundi soir. Lui qui a vu le malade sur son lit et qui m’avait rassuré dès les premières heures de la fusillade que son état n’était pas alarmant, n’a rien compris à ce qui a pu se passer. Ça, c’est l’histoire d’un assassinat pur et simple. Que le Togo fait peur, très peur.

Des agents de santé payés à 1500 F CFA par mois au Togo…Grève!

Ils sont des milliers comme cela au Togo à donner de leur vie pour en sauver d’autres, sans pourvoir vivre de leur travail.

Selon ministre de la Santé togolais Prof Charles Kondi Agba, il existe des agents de santé qui sont payés à 1500 (mille cinq cents) francs CFA dans notre pays.  C’est bien le sort de ces catégories d’agents qui constitue la pomme de discorde entre le gouvernement le Syndicat national des Praticiens hospitaliers du Togo (Synphot) depuis deux semaines. D’où une grève reconductible de deux jours annoncée.

Selon des chiffres fournis par le ministère de la Santé, ils sont plus de deux mille sept  cents (2700) à officier dans des centre de soins publics au Togo à constituer une catégorie baptisée COGES ( Comités de gestion communautaire). Contrairement à leurs autres collègues qui sont payés directement par le Trésor public (on les appelle budget général) ou sur les budgets des centres hospitaliers (budget autonomes), eux, COGES, sont recrutés et payés par les communautés et collectivités locales pour pallier le manque de ressources humaines dans des structures de soin publics.

Institué depuis janvier 1991 par arrêté ministériel, le système de COGES a pris de l’ampleur au fil des années. Ce sont des comités dont les membres sont élus par les populations d’une certaine localité et qui ont pour attribution la gestion  des stocks de médicaments et des ressources provenant de cette gestion. Ces COGES que l’on retrouve partout sur le territoire national, même dans la capitale Lomé procèdent à  des recrutements pour répondre à des besoins de manque de personnel. Ce sont donc les agents recrutés par ces comités qui portent l’attribut de COGES. « Les COGES recrutent à tour de bras des personnels supposés d’appoint, leur font des contrats annuels renouvelables, ne payent parfois pasdes indemnités de garde et d’astreinte ou alors irrégulièrement« , décrit le ministre de tutelle du secteur. On apprend que parmi eux se trouvent des médecins, des assistants médicaux, des infirmiers, des sages-femmes diplômés d’état, ou d’agents d’appui. « les salaires sont très disparates, parfois fantaisistes« , reconnaît M. Agba.

En juin 2011, un bras de fer a opposé pendant quelques semaines le gouvernement à au syndicat des agents de santé. La crise a même emporté le ministre de la Santé de l’époque (qui était précédemment Premier ministre) Komlan Mally. Finalement un compromis a été trouvé et un accord signé entre les deux parties. Le texte contient plusieurs engagements de l’Etat dont des revalorisations de salaire et de primes.  C’est justement le paiement de ces primes qui pose problème. Les COGES sont jusqu’ici exclus de la jouissance des primes  prévues dans l’accord, ce qui révolte les syndicalistes. « Ils ne sont pas couverts par les mesures prises par le gouvernement« , avance le ministre de la Santé qui ne semble pas voir d’un bon œil cette catégorie du personnel. Faux! rétorque le monde médical.

« Lors de ces négociations de juin, le calcul des primes de risque et contagion s’est fait sur la base des 10.585 agents, représentés par les agents de budget général, ceux des budgets autonomes et ceux émargeant aux budgets communautaires (voici les chiffres fournis par le ministère de la Santé, chiffres ayant servi de références pour les calculs: catégories A1: 540 A2: 3252, B, C, D, COGES et agents permanents= 6793. Total= 10.585 agents). Les agents des budgets communautaires ont donc été pris en compte dans le calcul des primes et la répartition de l’enveloppe financière » soutiennent avec insistance ceux-là même qui représentaient le monde médical autour de la table de négociation avec le gouvernement. Il n’ont pas manqué de le signifier en tout cas au ministre de la Santé, Charles Kondi Agba, par le biais d’une lettre.

Ils annoncent d’ailleurs deux jours de grève reconductible les jeudi 16 et vendredi 17 juin prochain dans tous les centre de santé publics du Togo. A l’occasion, toutes les catégories se montreront solidaires des COGES. Parmi les revendications, le Synphot évoque également la lenteur qui caractérise les audits des centres de soins. C’était un des points contenus dans l’accord. Les centres de soins dont la gestion semble à ce jour être catastrophique devraient être audités pour permettre d’avoir une visibilité claire sur les états financiers et aussi pour limiter des travers comme des recrutements anarchiques.  Selon les sources, seulement une dizaine d’audits a été faite à ce jour, sur une total de huit cents.

Nouvelle campagne de lutte contre le VIH/SIDA: Atteindre l’ojectif zéro à partir de Kpalimé

Atteindre zéro contamination en matière de VIH-SIDA au Togo, c'est possible

Le monde entier vient de se donner quatre ans pour ramener les nouvelles contaminations, les stigmatisations et les décès à l’ambitieux chiffre zéro. Pour les officiels et les acteurs sociaux, le coup est jouable. Même à Kpalimé.

Jeudi 1er décembre 2011. Ce matin, pas de classe à l’Ecole Primaire Publique Centrale de Kpalimé, au pied des monts Kloto. Les deux apatams situés de part et d’autre d’un podium, installé pour la circonstance, ont transformé la cour en un véritable lieu de spectacle. Discours officiels et représentations théâtrales se succèdent pour attirer l’attention du grand public, composé majoritairement de jeunes, sur le Sida. Cette fois le ton n’est pas très alarmiste, même s’il faut toujours rappeler de temps en temps les conseils utiles de prévention devenus banals pour certains.

C’est la 24e Journée Mondiale de lutte contre le SIDA. Cette année, le thème est audacieux : « Objectif zéro : zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination et zéro décès lié au Sida », à l’échéance 2015. Pour le ministre de la Santé, Prof Charles Kondi Agba, « il y a espoir ; espoir raisonnable, réaliste et réalisable ».

Mais le membre du gouvernement pose quelques conditions et indique des  pistes prioritaires. « Si les femmes acquièrent la capacité de se protéger et si les jeunes veulent bien adopter des comportements qui réduisent le risque de s’infecter, l’objectif zéro infection n’est pas loin », lance le ministre, et par ailleurs deuxième Vice-Président du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS) présidé par le Chef de l’Etat. « Si nous y ajoutons des services pour que les enfants qui naissent désormais le soient sans infection et grandissent dans les mêmes conditions, nous réduiront progressivement et sensiblement le nombre de nouvelles infections au VIH d’ici 2015 », ajoute Charles Kondi Agba qui conclut que « zéro discrimination suppose que la loi portant protection des personnes en matière du VIH/SIDA doit s’appliquer dans toute sa rigueur ».

On le voit, le discours politique tend à rassurer. De même, les acteurs sur le terrain, ne sont pas moins optimistes. « Aide Médicale et Charité » (AMC) est la seule ONG qui fait dans la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH Sida à Kpalimé, ville située à 120 Km au Nord-Est de la capitale Lomé et qui a eu l’occasion d’abriter cette année les manifestations nationales de la Journée Mondiale. Située dans une région dont le taux de prévalence est l’un des plus élevés du pays, 3,5% en 2010, contre une moyenne nationale de 3%, Kpalimé est l’une ville où le défi est l’un des plus imposants.

Responsable de la collecte des données statistiques au sein de l’ONG, Gisèle est bien consciente de l’enjeu. Elle sait par exemple que prêcher l’abstinence dans cette ville commerciale, hautement touristique, c’est prêcher dans le désert. « Ici abstinence non, préservatif oui ; l’activité sexuelle est très développée et très précoce », prévient-elle. Mais, aujourd’hui plus qu’hier, elle croit que l’objectif zéro contamination est à la portée de main. « On a démarré une campagne de dépistage depuis quatre jours, on a dépisté cent cinquante personnes et seulement cinq cas se sont révélés positifs, ce qui montre que la situation  s’améliore, et si cela se poursuit ainsi, on peut atteindre l’objectif zéro contamination », témoigne cet acteur social. L’annulation des décès liés au VIH/SIDA est une autre cible visée par la nouvelle campagne. Toute l’année 2011 Gisèle et ses collègues n’ont constaté que trois cas dans la ville. Ce qui les réconforte dans leur optimisme.

C’est possible. Mais comment y parvenir ? Assiongbon Sowanou, premier  responsable de l’ONG dans cette localité entrevoit déjà des difficultés. « La population en elle-même, dans des comportements de tous les jours, constitue pour nous une contrainte. C’est difficile de la mobiliser pour des sensibilisations ». Dans une société où les atteintes aux mœurs sont légion, l’indifférence des populations par rapport aux messages de sensibilisation est une sérieuse préoccupation des acteurs sociaux. La situation nécessite de nouvelles approches. Ce que M. Sowanou et ses collègues n’ont pas hésité à adopter. « Comme les gens ne viennent pas à l’information ni ne répondent aux invitations,  nous avons des conseillers qui vont vers les populations, même dans les contrées reculées de la région », explique-t-il. C’est d’ailleurs cette approche qui a permis de mobiliser en quatre jours plus de cent cinquante personnes qui ont accepté de venir se faire volontairement dépister au siège de ladite organisation à qui plusieurs centaines de préservatifs ont été distribués. La stratégie est éprouvée et pourra être accentuée dans les mois à venir.

La marche vers l’objectif des trois zéro, pour aboutir, doit franchir nombre d’obstacles à l’instar de celui de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Depuis novembre 2008, les antirétroviraux sont rendus gratuits par l’Etat et ses partenaires stratégiques. Mais à ce jour, c’est seulement 62% des personnes dans le besoin qui sont couvertes par la gratuité. Il y en a plusieurs auxquelles la porte de la gratuité est fermée aux nez et qui attendent toujours leur intégration au processus. Et pour cause, pour bénéficier de cette gratuité, il faut préalablement avoir été enregistré dans les archives de l’Etat, ce qui est un parcours de combattant. Au sein de la société civile au Togo, plusieurs organisations disposent d’une liste de personnes « mourantes »  mais qui n’ont toujours pas le carnet d’accès à la gratuité, donc sont obligés de se contenter d’autres produits par défaut. Dans ces ONG, des solutions intermédiaires sont prévues : des pharmacies communautaires.

Au sein  de l’Ong AMC, on retrouve cette structure pharmaceutique communautaire qui est au chevet aussi bien de ceux qui ont accès aux ARV que de ceux n’y ont pas encore accès, et qui met à leur disposition des molécules médicales contre une modique contribution de cent francs CFA. Il s’agit là de l’un des instruments principaux de la prise en charge globale des PVVIH qui bénéficient également d’appuis nutritionnels et psychosociologiques.

Comme on le voit, sur le terrain, sans attendre l’Etat, des acteurs de la société civile trouvent les moyens d’organiser la riposte, à leur manière. Cependant, sans un accompagnement plus intense des autorités publiques qui organisent mieux toute la riposte nationale en concertation avec ceux qui portent à bout de bras cette lutte jusque dans les hameaux du Togo, les efforts continueront d’être éparses et les maigres résultats seront rapidement étouffés.  Les 130 000 personnes infectées, toutes les personnes affectées et à risque n’en demandent pas plus.

Maxime DOMEGNI