Archives de Catégorie: Economie

Tous les articles relatifs à la macro et micro- économie, nationales et internationales

Extraction minière / Quand le sous-sol togolais fait saliver jusqu’en Australie

L'industrie minière connait une croissance fulgurante depuis quelques années au Togo. Bientôt une nouvelle carrière d'exploitation de phosphate carbonaté.

L’industrie minière connait une croissance fulgurante depuis quelques années au Togo. Bientôt une nouvelle carrière d’exploitation de phosphate carbonaté.

Le fer togolais pour les Indiens, le marbre pour les Espagnols, le pétrole pour des Hollandais, le calcaire pour des Allemands, Norvégiens et Indiens…peut-être bientôt les deux milliards de tonnes de phosphates carbonatés (jusqu’ici jamais exploités) seront pour des Australiens qui ne cachent pas leur enthousiasme. Lire la suite

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Togo/Transparence et industrie extractive: « Publiez ce que vous payez » commente le 2e rapport ITIE

(archives) Comme ici en mai 2012, les populations affectées par l'exploitation des phosphates au Togo multiplient des initiatives de pression sur la SNPT pour aussi jouir elles-aussi des fruits de l'industrie.

(archives) Comme ici en mai 2012, les populations affectées par l’exploitation des phosphates au Togo multiplient des initiatives de pression sur la SNPT pour aussi jouir elles-aussi des fruits de l’industrie minière.

C’est officiellement publié depuis jeudi 28 février, le 2e rapport sur les transactions financières dans le secteur minier, comptant pour l’année 2011. A cette occasion, la coalition « Publiez ce que vous payez » a sorti un communiqué dans lequel elle s’interroge sur plusieurs révélations contenues dans le rapport. Voici les multiples interrogations de PCQVP-TOGO. Lecture ! Lire la suite

2e rapport sur la transparence dans les industries extractives au Togo: Révélations, confirmations et anomalies financières

Ici comme ailleurs, les ressources minières togolaises sont sources de "malédiction" pour les populations riveraines

Ici comme ailleurs, les ressources minières togolaises sont sources de « malédiction » pour les populations riveraines

Un nouveau rapport ITIE est rendu public depuis le vendredi dernier. Si ce document consacré à l’année 2011, contrairement à la version précédente, ne révèle pas de grands scandales, il est néanmoins riche en informations sur le secteur minier togolais. Révélations! Lire la suite

Le Togo détruit sa biodiversité naturelle pour des tecks

18 000 hectares de bois sont coupés chaque année au Togo

18 000 hectares de bois sont coupés chaque année au Togo

La biodiversité naturelle togolaise est sérieusement menacée au Togo. Des milliers d’hectares d’essences naturelles disparaissent chaque année, contre à peine un millier d’hectares de teck et autres bois commerciaux. Lire la suite

Exploitation du phosphate : Des jeunes de Hahotoé pertubent l’activité de la SNPT pour réclamer des embauches

L’activité minière dans la zone de Hahotoé et Dagabati était encore perturbée dans la matinée de mercredi 19 décembre dernier . Un groupe de jeunes venus de plusieurs villages environnants ont réussi à bloquer l’entrée de la Cité où logent les travailleurs de la Société Nouvelle des Phosphates du Togo à Hahotoé, les empêchant de sortir pour se rendre dans les carrières. Lire la suite

Transparence dans les industries extractives: le Togo continue de trainer ses tares

Les « manquements » constatés dans les transactions financières dans le secteur extractif au Togo et mentionnés dans un rapport publié en mars 2012 ne sont toujours pas corrigés. Et c’est le coordonnateur du Secretariat technique de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) qui s’en est inquiété jeudi 13 décembre à la suite d’une réunion à la Primature.

Le Togo est-il décidé à laisser évoluer son industrie extractive en toute opacité? La question vaut son pesant d’or. Depuis 2010, le Togo s’est engagé à rendre transparente la gestion de son industrie extrative.  En septembre de la même année, sur recommandation de certaines institutions internationales, il a adressé une demande candidature au Secretariat international de l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie Extractive (ITIE) pour faire partie du processus. En  Octobre, soit un mois plus tard, sa candidature est acceptée et il est déclaré « pays candidat ». Deux ans après, s’ il observe très bien les principes du processus, le Togo sera déclaré  « pays conforme ». Le Togo attend donc son label de « conformité » en 2013, après un processus d’un peu plus de deux ans au cours desquels il est tenu de publier deux rapports sur les flux financiers entre les agences de l’Etat et les industries extractives.

Le premier rapport publié le 1er mars 2012 a relevé des manquements graves au niveau des comptes de l’Etat. Par exemple, le rapport qui est réalisé par un cabinet anglais a pu constater qu’une entreprise installée dans l’exploitation du calcaire à Tabligbo a déclaré avoir versé près d’un milliard de F CFA à L’Etat, somme dont les traces ont disparu dans les caisses de l’Etat. D’autres disfonctionnements ont pu être relevés, notamment en matière de la fiabilité des comptes des agences étatiques dont la plupart ne sont pas audités par des institutions indépendantes. Peut-être une astuce pour cacher d’autres scandales financiers? Qui sait!

Mais voilà, pendant que le pays s’apprête à collecter pour la deuxième fois les données financières et en faire un rapport dont la réalisation est généralement confiée à un cabinet étranger, les choses ne semblent pas avoir bougé. C’est ce qui inquitète M. Kokou Agbemadon, qui a tenu à le déclarer à la presse au sortir d’une réunion avec le premier ministre.

Le rapport sur l’Indice de perception de la Corruption dans le monde place le Togo loin derrière ses voisins le Ghana, le Bénin, le Burkina. L’industrie extractive togolaise se développe depuis quelques années suivant un rythme accéléré. Le Togo exploite déjà le phosphate, le calcaire, le marbre, le fer, les granulats, l’eau souterraine. Il pourra bientôt lancer l’exploitation du maganèse et du phosphate carbonaté. Sans oublier que d’importantes quantités d’or sont exportées à partir du Togo.

Selon Transparency International, le Togo toujours plus corrompu que ses voisins Benin, Ghana, Burkina, Mali, Niger…

L’ONG internationale Transparency International, réputée la plus engagée contre la corruption dans le monde, a publié mercredi 05 decembre dernier son rapport annuel 2012 sur les Indices de Perception de la Corruption (IPC) dans les administrations publiques dans le monde. Cette année le rapport porte sur 176 pays et le Togo occupe la 128e position, sans surprise, derrière ses voisins.

Attention à ne pas se laisser aller à une allégresse  trompeuse. Quoi que diront certains esprits paresseux, l’administration togolaise demeure toujours perçue comme plus corrompue que  celle de ses voisins. Déjà ses voisins immédiats sont loin devant.  Le Bénin occupe la 94e place, le Ghana la 64e place et le Burkina la 83e place. Le Sénégal où on crie aux magouilles de la famille Wade, avec des procédures judiciaires particulièrement agitées ces derniers temps, occupe le même rang que le Bénin. Le Mali et le Niger sont eux aussi mieux classés que le Togo, étant respectivement les 105e et 113. Le Gabon, avec toutes ses ressources naturelles et ses contacts avec les réseaux de la Françafrique, devance le Togo avec sa position de 102e.

« Les gouvernements doivent intégrer des actions de lutte contre la corruption dans toutes les prises de décisions publiques. Parmi les priorités figurent l’amélioration des règles en matière de lobbying et de financement politique, la transparence accrue des dépenses et de la passation des marchés du secteur public, et la plus grande responsabilisation des organismes publics vis-à-vis des citoyens », a estimé Huguette Labelle, Présidente de Transparency International, au lancement du rapport mercredi.

L’indice de perception de la corruption évalue et classe des pays ou des territoires selon le degré de corruption perçue dans leur secteur public. Il s’agit d’un indice composite, une combinaison de sondages et d’évaluations portant sur la corruption réalisés par un certain nombre d’institutions réputées. L’IPC est l’indicateur de corruption le plus utilisé à l’échelle mondiale.

Afrique de l’Ouest : Les changements climatiques font le lit à l insécurité alimentaire

Lors d’un forum organisé par le gouvernement togolais au profit des paysans en 2010, l’un des participants, s’adressant publiquement au chef de l’Etat, est formel : ce sont les ancêtres qui, fâchés, empêchent la régularité des pluies dans le pays. Et pour lui, le gouvernement doit faire des sacrifices aux mannes des ancêtres pour implorer la grâce de ces derniers au profit du monde paysan. Malheureusement, les changements climatiques ne sont pas juste ça. Dans les champs, dans le ventre, dans la poche, et même dans la tête, les répercussions des changements climatiques sont omniprésentes dans l’Ouest de l’Afrique.

En Afrique de l’Ouest, les efforts des paysans sont hypothéqués par le phénomène du Changement climatique

Les pays de l’Afrique de l’Ouest sont exposés à de graves crises alimentaires. Le cas de certains pays du Sahel comme le Niger peut surprendre peu, vu la fréquence de la famine dans ce pays, l’un des plus pauvres de la sous-région. Mais voilà le phénomène s’élargit et risque de ne plus épargner les autres pays. D’année en année, des déficits de production sont enregistrés dans beaucoup de pays de la zone. Huit Chefs d’Etat et de gouvernements des pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) se sont inquiétés lors d’un sommet en début de mois de juin à Lomé « de l’incidence de la forte baisse des récoltes de la campagne agricole 2011-2012 sur la sécurité alimentaire des populations, notamment dans les pays de l’hinterland ».

En effet, les cultures vivrières sont particulièrement touchées et un an la production a chuté de 17% dans la zone, de 2011 en 2012 ; ce qui non seulement affecte les capacités financières des paysans producteurs mais surtout rend vulnérable la situation alimentaire dans la zone. Et pour cette nouvelle campagne 2012-2013, les perspectives ne sont pas forcément encourageantes. En conséquence, les acteurs ne cachent plus leurs appréhensions. « Vu les prévisions, cette année il y aura crise dans les pays du Sahel, parce qu’il n’a pas plu», avertit Arthur Zogan, ingénieur agroéconomiste, Chargé des programmes à la Coordination Togolaise des Organisations paysannes et de Producteurs agricoles (CTOP).

Lors d’une réunion de haut niveau sur la crise alimentaire et nutritionnelle des Etats membres de la CEDEAO du début du mois de juin 2012 qui a regroupé les ministres en charge du secteur dans les pays membres et quelques hauts fonctionnaires, un rapport est présenté sur la situation. « En Mars 2012, environ 6 millions de personnes étaient en insécurité alimentaire sévère et la situation risque de se détériorer davantage pour d’autres millions de personnes », ont estimé les experts.  Parmi les principaux facteurs à l’origine de l’insécurité alimentaire dans la sous-région, les participants ont placé les changements climatiques en tête.

M. Zogan explique comment les producteurs vivent la situation : « Les pluies n’arrivent pas à temps et quand il y a pluie, il pleut abondamment et le producteur ne sait pas quand semer ; des fois des gens sèment et la pluie s’arrêtent de façon brusque. Cette instabilité fait que même les structures d’appui conseil n’arrivent plus a aider les paysans».

Tout en déplorant le sort des producteurs de son pays, l’agronome plaint particulièrement les Sahéliens qui subissent plus les caprices de la nature : « On a un peu de chance qu’au Togo au moins on arrive à produire, il y a des pays dans la sous-région où il n’y a même pas de pluie ; l’année passé, j’étais à Dakar (Sénégal) toute l’année il n’a plu plus de quatorze jours», témoigne-t-il. Malheureusement, en Afrique de l’Ouest, la production agricole est presque totalement dépendante de l’environnement à un taux évalué à plus de 95%. C’est donc une frange importante de l’économie de la sous-région qui semble être très hypothétique du fait de l’instabilité climatique qui secoue la région.

En plus d’être économique, le phénomène est aussi social puisqu’ayant une répercussion directe sur la sécurité alimentaire et même sur la paix social au sein des différents pays. Pour l’instant le constat est là, le changement climatique menace sérieusement les pays de l’Afrique de l’Ouest. Mais pas grande chose ne semble être encore possible pour limiter considérablement les dégâts, en dehors de quelques initiatives prises çà et là  et d’envergure d’ailleurs très réduites. « On n’est pas prêt à faire face à ce phénomène et ça s’accentue de jour en jour », s’alarme un paysan.

Maxime DOMEGNI

MICROFINANCE, RENFORCER LE CONTROLE DES MEMBRES POUR SECURISER LES EPARGNES

L’une après l’autre, on voit les institutions de microfinance s’effondrer sous nos yeux, des plus petites aux plus géantes en passant par les moyennement connues, avec les lots de catastrophes financières (le terme n’est pas exagéré). A y voir de près, plus aucune institution n’est à l’abri de la crise. Aucune ! Loin d’être une fatalité, la situation peut, heureusement, être évitée. Un contrôle accentué des membres peut, sans être une panacée, réduire sensiblement les risques de détournement, de dilapidations, de malversations. Comment et pourquoi ?

Jusqu’à un passé récent, on croyait certaines institutions (suivez nos regards) infaillibles. Le parcours des responsables, leur carnet d’adresses, mais aussi leur stature suffisaient comme garantie. Mais les cas IDH, Papillon, Microfund, Amupec, etc. sont assez éloquents pour nous montrer à quel point nos épargnes ne sont pas suffisamment en sécurité, loin de nos regards vigilants. Une investigation menée au sein des institutions de microfinance permet de déceler les failles, parfois ahurissantes, au sein des systèmes de gestion. Que ce soit sur le plan informatique, humain, organisationnel, structurel, il existe des trous béants dont profitent ceux à qui nous confions nos maigres épargnes, souvent rassemblées au prix de très durs labeurs. Voici quelques exemples pour ceux qui peuvent en savoir quelque chose. Contrairement à ce qui se passe dans les banques qui, c’est vrai, sont plus rigides, dans nos mutuelles, les caissiers sont en même temps leurs propres comptables. Ils collectent ou décaissent et sont les mêmes à enregistrer les opérations jusqu’à un niveau donné, deux activités professionnellement « incompatibles », selon les experts. La conséquence de ce cumul est qu’un caissier peut soutirer de l’argent sur le compte d’un membre mais établir les documents comptables nécessaires comme si c’est le propriétaire lui-même qui est physiquement passé. Dieu seul sait combien se servent de cette faille pour s’en mettre quotidiennement plein les poches, sur des comptes ou des « petites coupes » peuvent passer inaperçues. A un niveau plus élevé, les outils informatiques présenteraient des failles (que nous nous gardons de décrire) qui sont de véritables aubaines pour des mauvais génies ou des sources de tentation pour les plus honnêtes. Mais pour y accéder, le risque étant élevé, il faudra pourvoir compter sur des couvertures, à leur insu ou non, au sein de la boîte. On se rappelle qu’il y a deux ans, des centaines de millions ont ainsi disparu des caisses de la FUCEC, que les dirigeants présentent comme la plus sûre des institutions, du fait des « manipulations » d’un responsable informatique.

Les systèmes de contrôle défaillants

Dans les institutions de microfinance, les responsables sont puissants, si puissants que les systèmes de contrôle sont plutôt à leur service. Il est par exemple très fréquent que des DG ou proches collaborateurs octroient des crédits à des proches sur des bases fantaisistes, parfois même sur simple coup de fil. Des crédits sont donc octroyés sans dossier parfois. Il existe plein d’énormités dans les structures de microfinance de notre pays que les responsables savent faire couvrir par les systèmes de contrôle internes ou externes, par le moyen d’intimidations ou par le jeu de complicité. Les responsables de contrôle, souvent recrutés dans des conditions qu’on sait, se sentent curieusement plus redevables au leadership qu’aux membres qui sont les vrais propriétaires des mutuelles. Au meilleur des cas, ils démissionnent. C’est la situation qui a prévalu à Microfund, une institution en crise et pratiquement irrécupérable aujourd’hui, où les contrôleurs internes ont tous démissionné suite aux magouilles du DG qui a vite fait de les remplacer, sans changer d’un iota sa gestion. La présidente du Conseil d’Administration a aussi démissionné, avant de se laisser « récupérer » habilement par le DG Akogo. Les systèmes de gestion externes, on le sait, sont très peu fiables. La structure prévue par l’Etat est la Cellule d’Appui du Secteur des Institutions de Microfinance d’Epargne et de crédit (CAS-IMEC) placée sous tutelle du ministre de l’Economie et des Finances. Les inspecteurs sont des fonctionnaires de l’Etat, donc rémunérés comme les autres agents, vulnérables aux pressions des « autorités administratives et politiques » qui pourraient couvrir des proches en difficulté au sein de certaines institutions. Ils sont une quinzaine à inspecter deux cents institutions sur le territoire national, à scruter, selon les textes, deux fois par an la gestion de personnes très ou trop puissantes financièrement et en termes de relations. En face, ils ont des institutions dirigées par des gens qui « se paient » à plusieurs millions le mois et qui disposent par là des moyens d’intimidation et de corruption énormes. C’était le cas de IDH. Géré avant la crise par un ancien Premier ministre, ancien ministre du Plan, qui a dirigé pendant plusieurs années le DG actuel de la CAS-IMEC, personne n’osait le défier. Ni la CAS-IMEC, ni le ministre de l’Economie et des Finances, encore moins ses collaborateurs au sein de la mutuelle. Et pourtant, tout le monde voyait sombrer la mutuelle avec les épargnes des membres, sans oser dire le moindre mot. Nous avions essayé d’arracher quelques mots au DG de la CAS-IMEC au sujet de IDH, vainement. On a vite compris. Au Togo, il y a des intouchables. Cette structure devrait servir de rempart aux épargnes des membres des mutuelles au Togo, mais elle a montré, comme d’autres institutions de l’Etat, ses limites. Si tout fonctionnait normalement, une institution comme l’Association Professionnelle des Institutions de Microfinance (APIM) devrait aussi jouer un rôle de régulateur des activités, dans le sens de la professionnalisation du secteur. Mais, à l’instar du CAS-IMEC, de quels moyens dispose cette structure pour agir sur la professionnalisation du secteur ? Logée dans un immeuble à Agbalépédo et dotée d’une équipe de quelques personnes (à peine cinq), cette association jouit de très peu d’égard auprès des institutions. Peu de responsable de structures de microfinance répondent à ses convocations, ou à ses recommandations. Dirigée par un ancien employé de la FUCEC, c’est naturellement qu’elle se fasse toute petite dans ses rapports avec les institutions qui financent son fonctionnement et disposent par-là même de moyens pour la manipuler. Elle continue d’ailleurs de mendier des ressources pour son fonctionnement, manquant de tout jusqu’au matériel bureautique de base. En conséquence, elle souffre des mêmes maux que la structure de l’Etat et des mêmes faiblesses. Créée depuis 2004, elle a été aussi coupable de complaisance vis-à-vis des responsables de IDH, Microfund, Amupec et autres qui ont entraîné leurs institutions à l’agonie.

De la nécessité de renforcer le contrôle des membres

Contrairement aux banques où on parle de clients, puisqu’étant des entreprises créées par un groupe d’actionnaires, dans le cas des mutuelles, on parle de membres. La nuance est de taille. Tous les membres de la mutuelle en sont copropriétaires au même titre, alors que dans les banques ou d’autres entreprises, il y a discrimination parmi les actionnaires en fonction des actions de chacun. On ne le dira jamais assez, celui qui met ne serait-ce que cinq francs dans une mutuelle en devient copropriétaire et a le même droit que celui qui y possèderait des centaines de millions. Tout juste pour expliquer que les membres des microfinances disposent de plus de prérogatives qu’ils ne le croient souvent. Ils ont le droit de demander des comptes à ceux qui sont désignés pour administrer leurs épargnes. Mais, très peu le savent. Ceux qui le savent sont souvent des proches des responsables qui sont les mêmes qui se retrouvent lors des Assemblées générales (si elles sont organisées) pour décider des orientations du navire. Selon leurs intérêts personnels. Les membres sont très faiblement sensibilisés sur leurs prérogatives. Peu d’institutions pourvoient leurs membres des textes fondamentaux. Disons que beaucoup de responsables n’ont pas intérêt qu’ils soient plus au courant de leur rôle. C’est justement sur le terreau de l’ignorance des membres que fleurissent les malversations assassines des institutions. Pour sauver les microfinances au Togo, il faut donc partir de là. Renforcer le contrôle des membres sur leurs épargnes, vu que les failles dans les systèmes de gestion sont évidentes et que les structures de contrôle ne le sont que de noms. Les membres des microfinances doivent enfin se réveiller et jouer leur rôle. Personne mieux qu’eux-mêmes ne peut exercer un meilleur contrôle sur les activités de leurs entreprises communes. Pouvoir demander régulièrement des comptes à ceux qui sont employés par eux (c’est bien de cela qu’il s’agit), se mobiliser autour des différentes institutions pour s’en approprier les textes, en maitriser le fonctionnement, etc. doivent devenir leurs nouveaux réflexes. Lorsque ceux qui sont aujourd’hui placés à la tête des institutions se savent surveillés par leurs « employeurs », en dépit de tous les systèmes traditionnels de contrôles qui existent, cela seul peut les empêcher de piquer la grosse tête, de verser dans la démesure, de devenir plus arrogants. Ils seront poussés à leur tour à plus de contrôle sur les activités de leurs collaborateurs. A ce jour, les microfinances au Togo sont abandonnées (par l’Etat et les membres) aux mains de messieurs aux appétits voraces qui, une fois que les boîtes se développent, ne pensent plus aux « actionnaires », mais plutôt à leurs salaires, primes, missions, avantages. Tenez-vous bien, ils vont jusqu’à faire payer les prothèses dentaires et les lunettes de leurs femmes, par les mutuelles qu’ils dirigent pendant que la femme au marché ou la revendeuse au bord de la route qui vend les petits articles sous le chaud soleil et qui se démène pour gonfler les chiffres d’affaires, n’a aucun privilège. C’est à peine qu’elle obtient un crédit. Et si c’est le cas, les taux d’intérêts lui sont suicidaires…Les mutuelles doivent revenir aux membres. Maxime DOMEGNI Renforcer le contrôle des membres pour sécuriser les épargnes L’une après l’autre, on voit les institutions de microfinance s’effondrer sous nos yeux, des plus petites aux plus géantes en passant par les moyennement connues, avec les lots de catastrophes financières (le terme n’est pas exagéré). A y voir de près, plus aucune institution n’est à l’abri de la crise. Aucune ! Loin d’être une fatalité, la situation peut, heureusement, être évitée. Un contrôle accentué des membres peut, sans être une panacée, réduire sensiblement les risques de détournement, de dilapidations, de malversations. Comment et pourquoi ? Jusqu’à un passé récent, on croyait certaines institutions (suivez nos regards) infaillibles. Le parcours des responsables, leur carnet d’adresses, mais aussi leur stature suffisaient comme garantie. Mais les cas IDH, Papillon, Microfund, Amupec, etc. sont assez éloquents pour nous montrer à quel point nos épargnes ne sont pas suffisamment en sécurité, loin de nos regards vigilants. Une investigation menée au sein des institutions de microfinance permet de déceler les failles, parfois ahurissantes, au sein des systèmes de gestion. Que ce soit sur le plan informatique, humain, organisationnel, structurel, il existe des trous béants dont profitent ceux à qui nous confions nos maigres épargnes, souvent rassemblées au prix de très durs labeurs. Voici quelques exemples pour ceux qui peuvent en savoir quelque chose. Contrairement à ce qui se passe dans les banques qui, c’est vrai, sont plus rigides, dans nos mutuelles, les caissiers sont en même temps leurs propres comptables. Ils collectent ou décaissent et sont les mêmes à enregistrer les opérations jusqu’à un niveau donné, deux activités professionnellement « incompatibles », selon les experts. La conséquence de ce cumul est qu’un caissier peut soutirer de l’argent sur le compte d’un membre mais établir les documents comptables nécessaires comme si c’est le propriétaire lui-même qui est physiquement passé. Dieu seul sait combien se servent de cette faille pour s’en mettre quotidiennement plein les poches, sur des comptes ou des « petites coupes » peuvent passer inaperçues. A un niveau plus élevé, les outils informatiques présenteraient des failles (que nous nous gardons de décrire) qui sont de véritables aubaines pour des mauvais génies ou des sources de tentation pour les plus honnêtes. Mais pour y accéder, le risque étant élevé, il faudra pourvoir compter sur des couvertures, à leur insu ou non, au sein de la boîte. On se rappelle qu’il y a deux ans, des centaines de millions ont ainsi disparu des caisses de la FUCEC, que les dirigeants présentent comme la plus sûre des institutions, du fait des « manipulations » d’un responsable informatique. Les systèmes de contrôle défaillants Dans les institutions de microfinance, les responsables sont puissants, si puissants que les systèmes de contrôle sont plutôt à leur service. Il est par exemple très fréquent que des DG ou proches collaborateurs octroient des crédits à des proches sur des bases fantaisistes, parfois même sur simple coup de fil. Des crédits sont donc octroyés sans dossier parfois. Il existe plein d’énormités dans les structures de microfinance de notre pays que les responsables savent faire couvrir par les systèmes de contrôle internes ou externes, par le moyen d’intimidations ou par le jeu de complicité. Les responsables de contrôle, souvent recrutés dans des conditions qu’on sait, se sentent curieusement plus redevables au leadership qu’aux membres qui sont les vrais propriétaires des mutuelles. Au meilleur des cas, ils démissionnent. C’est la situation qui a prévalu à Microfund, une institution en crise et pratiquement irrécupérable aujourd’hui, où les contrôleurs internes ont tous démissionné suite aux magouilles du DG qui a vite fait de les remplacer, sans changer d’un iota sa gestion. La présidente du Conseil d’Administration a aussi démissionné, avant de se laisser « récupérer » habilement par le DG Akogo. Les systèmes de gestion externes, on le sait, sont très peu fiables. La structure prévue par l’Etat est la Cellule d’Appui du Secteur des Institutions de Microfinance d’Epargne et de crédit (CAS-IMEC) placée sous tutelle du ministre de l’Economie et des Finances. Les inspecteurs sont des fonctionnaires de l’Etat, donc rémunérés comme les autres agents, vulnérables aux pressions des « autorités administratives et politiques » qui pourraient couvrir des proches en difficulté au sein de certaines institutions. Ils sont une quinzaine à inspecter deux cents institutions sur le territoire national, à scruter, selon les textes, deux fois par an la gestion de personnes très ou trop puissantes financièrement et en termes de relations. En face, ils ont des institutions dirigées par des gens qui « se paient » à plusieurs millions le mois et qui disposent par là des moyens d’intimidation et de corruption énormes. C’était le cas de IDH. Géré avant la crise par un ancien Premier ministre, ancien ministre du Plan, qui a dirigé pendant plusieurs années le DG actuel de la CAS-IMEC, personne n’osait le défier. Ni la CAS-IMEC, ni le ministre de l’Economie et des Finances, encore moins ses collaborateurs au sein de la mutuelle. Et pourtant, tout le monde voyait sombrer la mutuelle avec les épargnes des membres, sans oser dire le moindre mot. Nous avions essayé d’arracher quelques mots au DG de la CAS-IMEC au sujet de IDH, vainement. On a vite compris. Au Togo, il y a des intouchables. Cette structure devrait servir de rempart aux épargnes des membres des mutuelles au Togo, mais elle a montré, comme d’autres institutions de l’Etat, ses limites. Si tout fonctionnait normalement, une institution comme l’Association Professionnelle des Institutions de Microfinance (APIM) devrait aussi jouer un rôle de régulateur des activités, dans le sens de la professionnalisation du secteur. Mais, à l’instar du CAS-IMEC, de quels moyens dispose cette structure pour agir sur la professionnalisation du secteur ? Logée dans un immeuble à Agbalépédo et dotée d’une équipe de quelques personnes (à peine cinq), cette association jouit de très peu d’égard auprès des institutions. Peu de responsable de structures de microfinance répondent à ses convocations, ou à ses recommandations. Dirigée par un ancien employé de la FUCEC, c’est naturellement qu’elle se fasse toute petite dans ses rapports avec les institutions qui financent son fonctionnement et disposent par-là même de moyens pour la manipuler. Elle continue d’ailleurs de mendier des ressources pour son fonctionnement, manquant de tout jusqu’au matériel bureautique de base. En conséquence, elle souffre des mêmes maux que la structure de l’Etat et des mêmes faiblesses. Créée depuis 2004, elle a été aussi coupable de complaisance vis-à-vis des responsables de IDH, Microfund, Amupec et autres qui ont entraîné leurs institutions à l’agonie. De la nécessité de renforcer le contrôle des membres Contrairement aux banques où on parle de clients, puisqu’étant des entreprises créées par un groupe d’actionnaires, dans le cas des mutuelles, on parle de membres. La nuance est de taille. Tous les membres de la mutuelle en sont copropriétaires au même titre, alors que dans les banques ou d’autres entreprises, il y a discrimination parmi les actionnaires en fonction des actions de chacun. On ne le dira jamais assez, celui qui met ne serait-ce que cinq francs dans une mutuelle en devient copropriétaire et a le même droit que celui qui y possèderait des centaines de millions. Tout juste pour expliquer que les membres des microfinances disposent de plus de prérogatives qu’ils ne le croient souvent. Ils ont le droit de demander des comptes à ceux qui sont désignés pour administrer leurs épargnes. Mais, très peu le savent. Ceux qui le savent sont souvent des proches des responsables qui sont les mêmes qui se retrouvent lors des Assemblées générales (si elles sont organisées) pour décider des orientations du navire. Selon leurs intérêts personnels. Les membres sont très faiblement sensibilisés sur leurs prérogatives. Peu d’institutions pourvoient leurs membres des textes fondamentaux. Disons que beaucoup de responsables n’ont pas intérêt qu’ils soient plus au courant de leur rôle. C’est justement sur le terreau de l’ignorance des membres que fleurissent les malversations assassines des institutions. Pour sauver les microfinances au Togo, il faut donc partir de là. Renforcer le contrôle des membres sur leurs épargnes, vu que les failles dans les systèmes de gestion sont évidentes et que les structures de contrôle ne le sont que de noms. Les membres des microfinances doivent enfin se réveiller et jouer leur rôle. Personne mieux qu’eux-mêmes ne peut exercer un meilleur contrôle sur les activités de leurs entreprises communes. Pouvoir demander régulièrement des comptes à ceux qui sont employés par eux (c’est bien de cela qu’il s’agit), se mobiliser autour des différentes institutions pour s’en approprier les textes, en maitriser le fonctionnement, etc. doivent devenir leurs nouveaux réflexes. Lorsque ceux qui sont aujourd’hui placés à la tête des institutions se savent surveillés par leurs « employeurs », en dépit de tous les systèmes traditionnels de contrôles qui existent, cela seul peut les empêcher de piquer la grosse tête, de verser dans la démesure, de devenir plus arrogants. Ils seront poussés à leur tour à plus de contrôle sur les activités de leurs collaborateurs. A ce jour, les microfinances au Togo sont abandonnées (par l’Etat et les membres) aux mains de messieurs aux appétits voraces qui, une fois que les boîtes se développent, ne pensent plus aux « actionnaires », mais plutôt à leurs salaires, primes, missions, avantages. Tenez-vous bien, ils vont jusqu’à faire payer les prothèses dentaires et les lunettes de leurs femmes, par les mutuelles qu’ils dirigent pendant que la femme au marché ou la revendeuse au bord de la route qui vend les petits articles sous le chaud soleil et qui se démène pour gonfler les chiffres d’affaires, n’a aucun privilège. C’est à peine qu’elle obtient un crédit. Et si c’est le cas, les taux d’intérêts lui sont suicidaires…Les mutuelles doivent revenir aux membres.

Maxime DOMEGNI