Mariage incestueux églises et Rpt-Unir (pouvoir) au Togo…et si on faisait les comptes ?

Au village, et pour les intimes, c’est  Kodjovi. En ville, il assure la fonction de patron des douaniers de son pays. Ce corps de métier, il paraît, n’est pas loin de celui qu’exerçait un certain Zachée dans la Bible. Bible ? Oui, livre saint des Chrétiens. Chrétien ? Oui, communauté dont se réclame Kodjovi. Kodjovi ? Oui, celui qui réussit depuis un moment déjà, à faire courir les églises – charismatiques – du Togo derrière un autre Kodjo. Kodjo ? Oui, le mec qui est né, à Afagnan, il y a cinquante-ans ? Cinquante ans ? Oui, le temps que dure les Gnassingbé au pouvoir au Togo. Au cœur d’un mariage incestueux églises et Unir (parti au pouvoir) au Togo.

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La Bible raconte que Zachée était le Chef des Publicains. On le décrit comme un homme de petite taille, mais avec une fortune qui est loin d’être petite. Pendant que la foule cherche, qui pour toucher Jésus, qui pour le pincer (par pure jalousie), qui pour prendre un autographe (qui sait ?), Zachée, lui, choisit, de grimper sur un sycomore. Malin de sa part et sa stratégie paie tout de suite. L’homme au centre de la foule le remarque tout de suite et décide d’aller à sa rencontre. Le choix de Jésus d’aller vers ce « pécheur » ne reste pas incontesté. Eh oui, même Jésus, devrait souffrir que ses proches remettent en cause parfois ses choix. Mais cette visite chez ce Kodjovi de ce temps-là a produit quelques résultats. L’Homme s’est engagé à se débarrasser de ses biens mal acquis. Et à corriger les torts causés à autrui… Et, qui sait, à changer de fréquentations ! Bref, revenons au 21e siècle, au Togo.

Depuis un moment déjà, la route de Kodjovi et celle de Fofovi FoKodjo Faure se croisent de plus en plus et se confondent. Dans ce compagnonnage, les deux sont loin d’être naïfs. Chacun sait ce qu’il cherche chez l’autre et ce que ce dernier, en revanche, pourrait attendre de lui. Le plus Faure sait par exemple qu’en se laissant balader d’église en église et de concert en concert par le publicain, il a l’occasion de s’offrir des bains de foule.  De se présenter un sépulcre blanc, un croyant ; et de s’attirer la sympathie des couvents chrétiens de plus en en plus bondés d’initiés, particulièrement de femmes. Les femmes, Dieu seul sait que FoKodjo ne les déteste pas. Alors là, pas du tout !

Kodjovi a le bon profil pour servir de point focal à FoKodjo, sous les pupitres. C’est le genre de fidèle qui dans les églises, ont des places réservées. Personne n’ose s’approcher de la place à eux dédiée, même en leur absence. Ils parlent peu. Et quand ils parlent, la voix est volontairement imposante. Leurs femmes sont des « mamans ». Ils sont forcément diacres ou cadres de la communauté. Et quand le prédicateur s’oublie quelques fois en évoquant un sujet qui fait leur changer de mine, qui les fâche, il ne se fait pas prier pour relativiser automatiquement. Sinon, attention à la prochaine opération de collecte de fonds. Tous leurs caprices sont des ordres. Ils ont le pouvoir, le pouvoir d’achat. Ce pouvoir leur permet de mobiliser la communauté religieuse comme et où ils veulent.

Pour FoKodjo, dont la courbe de popularité est désespérément en chute drastique sait combien il est rentable pour lui de faire la compagnie de Kodjovi. En gardant Kodjovi dans son environnement, ce dernier lui garantit une bienveillance de la communauté chrétienne à son égard. Et ce Kodjovi a de quoi stimuler cette bienveillance : un orchestre. On va l’appeler « Joie et Salut ». Ce groupe qui au départ était un présenté comme un instrument purement religieux pour « gagner des âmes pour Christ » finit progressivement par se dévoiler. Sa mission semble désormais se présenter comme un instrument pour drainer des foules vers Fokodjo Faure. D’ailleurs cet orchestre est devenu l’un des animateurs principaux des manifestations publiques du pouvoir du gouvernement.  Quelqu’un a dit que l’émotion est nègre. Et il parait que pour faire passer une propagande, particulièrement auprès des Africains, il faut leur faire chanter, danser, boire et manger. Pour ceux qui sont moins mondains, il faut enrober le message dans du gospel, et l’opium est prêt pour passer comme une pilule qui glisse aisément au fond de l’abdomen, se diffuse dans le sang et finit par atteindre les organes puis les cellules où elle dompte tout fébrilité naissante.

Quand on est voisin du Burkina et qu’on a suivi comment son parrain a fini par être éjecté du pouvoir, on n’hésite pas à investir dans l’anesthésie des esprits chez soi. Et comme cheval de bataille pour cette mission, il n y a pas mieux qu’un évangéliste qui draine des églises derrière lui.

En effet Kodjovi a le droit de choisir ses fréquentations, et entre la minorité (de profiteurs) et la majorité (de démunis), d’appartenir à la minorité ! Ah tenez ! PARENTHESE OUVERTE Il paraît qu’en bon Zachée, Kodjovi aurait de grands biens ! Ne me demandez surtout pas comment a-t-il pu se faire fortune en étant douanier. C’est une bénédiction de Dieu. POINT ! VOILA ! PARENTHESE FERME ! Oui, disais-je qu’un publicain a le droit de choisir ses fréquentations. Mais la logique veut que lorsque Jésus rentre chez Zachée, ce dernier ne soit plus le même. Mais qu’il choisisse désormais le chemin de la vérité et de la vie.

Je ne suis pas un érudit dans la connaissance de la Bible. Mais un jour, alors que je parcourais le livre saint de nous les chrétiens, mes yeux ont buté sur quelques passages. Je les écarquille et je lis : « Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car, quel rapport y a-t-il entre justice et l’iniquité ? Qu’il y a-t-il de commun entre lumière et ténèbres ? » (2 Corinthiens 6 :14). Trois versets plus loin, le texte est plus incisif « Sortez du milieu d’eux ; Et séparez-vous, dit le Seigneur ».

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Image du Stade, lors la Journée de prière de dimanche 18 décembre 2016

Mais voilà, non seulement, Kodjovi se plait en compagnie de ceux qui narguent, oppriment, pillent, tue…et refusent de faire des comptes, il participe lui-même au règne de l’injustice et de l’arbitraire autour de lui. Pendant les périodes électorales, c’est lui qui envoie des enveloppes aux autorités traditionnelles de son canton pour les soudoyer afin « qu’ils fassent tout » pour garantir la victoire de FoKodjo dans la localité. Récemment encore dans le même canton, celui qu’il a choisi, son pantin, qui a fini par être intronisé chef canton. Et pas celui à qui revenait légitimement le trône. Son pouvoir d’achat a été plus fort que, même le rapport des chercheurs de l’Université qui après des mois d’enquêtes ont réussi à confirmer celui en qui la population se reconnait. Cette attitude bien chrétienne (sic) ne devrait pas surprendre si Kodjovi ne se présentait pas comme chrétien et évangéliste. Il aurait pu tout simplement se contenter de son titre de douanier et de militant du parti Rpt/Unir, parti au pouvoir au Togo depuis depuis longtemps, avant même que les tatas de notre quartier Julie, Ingrid, Cina et autres ne soient nées. Se contenter du titre douanier et de cadre de Unir et on saurait que le titre chrétien-évangéliste ne veut pas dire celui met Dieu devant et qui s’associe à des dirigeants du pays qui dilapident les ressources publiques et qui sont totalement réfractaires à la transparence et à la reddition des comptes.

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Image de campagne « volée » sur le Blog de Aphtal Cisse

Voilà affaire de #FaisonsLesComptes, entre autres. Cela fait trois ans que vous, les gens forts et puissants du pays, vous avez prélevé de force l’argent sur nos consommations de divers produits et services. Et depuis, on vous prie et vous supplie de nous faire des comptes. Mais, kpaooo, rien ! D’ailleurs, pour pousser la provocation à son comble, vous nous annoncez de nouveaux comités pour les mêmes forfaits. Sans qu’aucun des voleurs de 2013 ne soit encore sanctionné. Et quand on en parle, au nom d’une prétendue journée « nationale » (un adjectif qui cache une escroquerie intellectuelle) de reconnaissance à Dieu, vous partez au stade chanter, danser et agiter mouchoirs. On a compris, nous les moutons là, on n’a rien à vous réclamer non ? Continuez seulement. Parfois mouton mord aussi !

Maxime DOMEGNI

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