Gambie : Arrêter la « Jammehpathie » avant qu’elle ne devienne épidémique !

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Les chercheurs en médecine devront commencer par étudier sérieusement la maladie dont souffre le sieur Yahya Jammeh de la Gambie. Alors que tout le monde croyait les jours de la pathologie dont il souffre comptés, l’homme refuse de guérir et sort un autre coup qui confirme d’ailleurs son état de psychopathe.

ENFIN, avons-nous tous crié, lorsque, non par générosité ni par sagesse, le bouffon de Banjul a décidé de reconnaitre sa défaite à l’issue d’une « élection à billes ». Non par sagesse ni par générosité, parce que le pouvoir gambien n’est pas son champs de mil pour que, en le cédant, il en devienne un « papa bonheur », un héros. Lorsque dans une république, on est battu à l’issue d’une élection, on s’en va. POINT ! Sans se faire prier.

Jammeh a fait de la Gambie une grande prison ouverte, une Corée du Nord encastrée dans le Sénégal. Un pays où quand la tête d’un de ses compatriotes lui déplaît, pour un oui ou un non, il le fait soumettre à des atrocités innommables qui finissent par achever sa victime.

Cela fait 22 ans que cela dure.

Maintenant qu’il est grand temps (et ce n’est tôt) pour lui de passer la main, l’homme trouve une occasion, après avoir reconnu sa défaite, de revenir se dédire en hypothéquant les efforts de tout un peuple. Et, dans un de ses rêves, qui lui font parfois croire qu’il peut diriger la Gambie pendant un milliard d’années, l’homme découvre que l’élection qu’il a lui-même reconnu avoir perdu, souffrirait de transparence.

Pour tout dire, je me suis voulu prudent, peut-être même sceptique, en apprenant que le charlatan a décidé enfin de quitter le pouvoir qu’il considère comme un don de dieu à lui. Sa volte-face, tout en restant intriguant, ne devrait pas trop surprendre. Rien de surprenant de la part d’un fou. Seulement, ce fou met en danger la vie de tout un pays. Et un fou n’a pas besoin d’être compris, ni défendu. Mais d’être interné. A la CPI ? Pourquoi pas. Sinon, dans les mêmes geôles où il a fait périr ses propres compatriotes depuis des années, si sa condamnation est établie.

Ce qui me surprend personnellement est cette empathie soudaine dont se prennent certains Africains à l’égard de celui qui a régné de mains de fer -et de plomb- sur la Gambie pendant 22 ans. Et on lui trouve un alibi : il est menacé d’être traduit à la Cour pénale Internationale. L’opportunité d’une interview, qui n’exclut pas que l’homme puisse répondre de ses actes, à pareil moment peut-être discutable.

Mais Yaya Jammeh n’a aucun droit de remettre en cause une élection dont il a librement reconnu les conclusions, juste parce qu’il se serait senti menacé. Il lui revenait de bien gérer la Gambie pour échapper à la CPI ou pour s’en sortir libre.

Il y a quand même quelque chose de chiffonnant dans l’attitude dangereuse de certains Africains, qui, chaque fois qu’un des souverains sanguinaires est en difficultés, cherchent, cherchent, cherchent…et lui trouvent des raisons de rester au pouvoir. Tantôt, c’est parce qu’il est anti-français, tantôt c’est parce qu’il est sous menace de la CPI. Diable ! C’est la France ou la CPI qui les a obligés à se rendre coupables de tous les forfaits à eux imputables ?

Pourquoi traiter un président élu totalement libre de ses propos de « con », parce qu’il a évoqué la CPI et trouver des justificatifs à un dangereux névrosé de la race de Yahya Jammeh qui se débrouille pour ne faire que le contraire de ce que la raison admet ? Pour les nouveaux fans du guérisseur de Sida, on ne devrait pas le brusquer. Son successeur devrait le ménager, le temps pour lui de s’asseoir dans le fauteuil. Ah ça !? La Gambie est devenue une propriété de El hadj Jammeh, et il faut s’accroupir, se coucher, rouler…devant lui pour en jouir, après avoir été élu par le peuple.  Ces genres de campagnes sont souvent distillées dans l’opinion africaine par des pseudos panafricanistes qui émargent dans certains canaux de propagande alimentés financièrement par des satrapes nègres et qui à longueur de journée racontent des sornettes. Si Hitler, Stanline, Mussolini…étaient encore vivants, ils seraient déifiés par ceux pour qui le panafricanisme se résume à certain « anti-occidentalisme » .

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Ces réactions à couper le souffle sont bien la preuve que les dégâts des « souverains » sont bien plus graves en Afrique que ce que l’on croit. Ils ont réussi à modifier notre sens de lecture des évènements. Et depuis un temps, cela semble marcher sur le continent. Les bourreaux deviennent des héros et les victimes, des « salauds ». Comme une trainée de poudre, le syndrome de Stockholm se répand par le fait de certains mercenaires qui inondent les réseaux sociaux de réflexions qui n’ont rien pour faire avancer une Afrique qu’il proclame vouloir défendre.

Nous Africains accusons la France, l’Europe, l’Amérique et le Monde  d’être à la source nos malheurs. Dans ces parties du monde, les hommes ont réussi à éditer des règles et principes pour la gestion de la chose publique (y compris pour la dévolution du pouvoir). Grâce à ces règles, ils arrivent à gouverner et/ou se faire gouverner de façon raisonnable et à dégager des ressources qui nous font courir derrière eux comme les chiens de pavlov. Lorsqu’il s’agit de mendier quelques enveloppes pour financer nos programmes de développement on connaît leur chemin. Le Burkina en revient, il y a à peine quelques jours en se félicitant d’avoir réalisé de bonnes opérations de mobilisation de ressource. Soit ! Si la France, l’Allemagne, la Norvège, les contributeurs de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International…étaient tous dirigés par des Jammeh, que serait le monde ? Qui financerait qui ? Qui irait chez qui ?

Bref, Yaya Jammeh, vient de démontrer qu’il est malade et qu’il a besoin, pas de garantis, mais de l’ « aide ». De gré ou de force, l’homme doit être définitivement dépossédé du pouvoir qu’il tente de reconquérir de façon illégitime. Les organisations africaines, les fameuses Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et Union Africaine (UA) ont encore une occasion de convaincre les Gambiens -et nous autres dans le reste du monde- de leur utilité. Elles doivent aller au-delà des déclarations. Elles doivent contraindre par tous les moyens Yahya Jammeh à libérer la Gambie.  Elles doivent circonscrire la « Jammehpathie » et lui appliquer la thérapie de choc qui lui convienne. Avant que cela ne gagne d’autres oiseaux de même plumage.

Maxime Domegni

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