Des juges togolais veulent marcher, on s’en fout !

Au Togo, dire il n'y a de justice que pour les "Faure"

Au Togo, dire il n’y a de justice que pour les « Faure »

On entend depuis quelques jours que nos juges vont rentrer en grève. Qu’ils prévoient même marcher pour…leur fin de mois. Après quelques jours de réflexion, j’ai juste envie de dire on s’en fout.

Lors d’une causerie avec des amis ce vendredi 12 juillet 2013, j’apprends une histoire pathétique. Une jeune dame, mariée et mère de deux enfants a récemment vu son mari transitaire écroué à la prison civile de Lomé dans une affaire d’import-export qui a mal tourné. Et comme dans ces genres de situation la jeune dame, entame les démarches pour la libération de son mari.

« Moi-même je n’utilise généralement que des crédit de 2000 francs pour mes communications téléphoniques, mais sur conseil de certaines personnes, j’envoyais régulièrement des crédits de 45.000 francs CFA au juge qui, après les avoir rechargés, promettait de prendre des contacts avec certaines personnes pour la libération du mon mari», raconte la jeune dame.

Mais comme la libération tardait, la jeune dame dit avoir été obligée de vendre un de ses terrains afin d’avoir des moyens conséquents pour mieux intéresser le magistrat qui tardait à tenir ses promesses. Sur conseil de certaines personnes qui semblaient maîtriser les réalités de notre justice, d’abord, une première enveloppe de demi-million a été adressée au juge. Ensuite, 300.000…Toujours pas satisfait, le magistrat lui demandera plus précieux. Sa nudité. L’imprudente dame, décrite comme belle, cède au chantage et se livre…sans obtenir la libération du père de ses enfants. Elle a finalement dû, à son tour, user du chantage pour voir son mari libre. Mais ce dernier se séparera de sa conjointe pour infidélité, quand une fois dehors il appris l’histoire.

En voilà une des innombrables histoires qui montrent le degré de corruption et de perversité de (certains de) nos juges. Très peu son honnêtes. Rares sont indépendants.

Sur le plan politique, nul n’ignore que le système judicaire togolais est devenu une effroyable machine à terroriser les citoyens. L’outil par excellence du régime sulfureux de Lomé II pour maintenir la population sous une dictature sanguinaire. Au lieu de constituer un rampart contre l’arbitraire, le faux, l’injustice, les violations des droits de l’Homme, notre système judiciaire est devenu un monstre dont se sert le pouvoir pour écraser tout élan de liberté dans le pays et « éliminer » tous ceux qui refusent de regarder dans la direction indiquée par le « Guide Supême ».

Aujourd’hui, le corps des magistrats trouve qu’il mérite de meilleurs conditions de vie et de travail. Combien sont-ils ces Togolais qui croupissent toujours en prison ou qui y sont passés parce qu’ils ont simplement réclamé de meilleurs conditions pour eux-mêmes ou pour toute la Nation. Il y a quelques mois, des élèves qui réclamaient des cours ont été froidement assassinés à Dapaong (Nord du pays). Jusqu’ici notre justice n’a pu nous dire qui a tué ces deux élèves arrachés tragiquement à notre affection par ce que les syndicalistes ont qualifié de « bêtise humaine ». Tout le peuple togolais a encore en mémoire le décès en détention d’un militant de l’opposition, arrêté dans cette mystérieuse affaire d’incendie des marchés montée de toute pièce par un clan qui n’a d’obsession que la conservation du pouvoir, avec l’appui de la Justice. Etienne Yakanou, puisqu’il s’agit de lui, est ainsi décédé d’un paludisme (semble-t-il), privé de soins.

Personnellement je n’ai aucune compassion pour ce corps qui depuis des années constitue le principal frein à la lutte que mène le peuple togolais vers la démocratie. Toutes les élections volées, sous le père et sous le fils, ont bénéficié d’une complicité active du corps judiciaire.

Je suis beaucoup plus enragé quand j’apprends comment tout autour de nous, au Niger et au Bénin, les juges indépendants arrivent à tenir tête à Mamadou Tandja et Yayi Boni. Ailleurs ils font rêver, chez nous ils suscitent dégoût.

D’ailleurs, pour reprendre les termes d’un compatriote, après avoir transformé notre appareil judiciaire à une véritable plateforme de corruption où le plus riche et le plus fort ont forcément raison sur le pauvre et plus faible, que veulent-ils encore ?

Ce dont ils ont besoin, ce n’est tant l’argent. Ceci, ils savent déjà l’avoir par leurs propres moyens. Ce qui leur manque, c’est leur intégrité et leur indépendance. Je serai le premier à soutenir des actions fermes du corps judiciaires visant à leur garantir ces deux valeurs. Autrement, qu’ils se débrouillent seuls. S’ils réussissent, ce sera tant mieux. Mais s’ils rencontrent une réaction ferme du gouvernement, je n’aurai même pas une goutte de larme à verser pour eux. Le problème du Togo, c’est d’abord ses fils qui sont choisi le métier de magistrat. Je veux bien avoir tort.

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