A baton rompu avec un avocat sur le système judiciaire togolais…des révélations troublantes

Tout est parti d’une discussion relative à une affaire de braquage (c’en est un!) des commerçants par l’Agence nationale de Renseignements, à l’aéoroport de Lomé, en début d’année 2010.  Dans la foulée j’apprends des choses renversantes sur notre système judiciaire.

Cet après midi de mercredi, j’ai failli quitter le lieu de rendez-vous avec un ami avocat, qui me faisait attendre depuis deux heures . Heureusement, fort heureusement, je partais quand il m’a appelé pour me dire qu’il arrive enfin. Tant mieu. A son arrivée, j’ai fini de lui remettre ce pourquoi on s’est donné rendez-vous. Et, le sachant proche dossier des commerçants spoliés, je lance une discussion sur cette affaire.

Petit rappel, des commerçants représentants une trentaines de leurs collègues se sont fait déposséder de leur fonds de commerce à l’aéroport de Lomé pendant qu’ils s’apprêtaient à se rendre en Asie pour des affaires. Ils ont ainsi été spoliés de plus d’un milliards six cent millions. On leur reproche de n’avoir pas déclaré une partie des fonds. Pendant deux ans, ils ont mené toutes les démarches pour rentrer en possesion de la somme, en vain. La Justice avait entre-temps demandé qu’on leur restitue une partie des fonds qui était, elle, légalement déclaré. Mais que neni. Lundi dernier, ils ont, enfin, reçu du ministre de la Justice Me Tchitchao Tchalim la partie des fonds légalement déclarée et estimée à plus de neuf cent millions. Des informations font état de ce que ce « geste du Chef de l’Etat » (pour citer le ministre Tchalim) a été possible suite à une pression qui aurait été exercée sur lui par son homologue du Niger, pays où il séjournait pour une conférence.

Retour à ma discussion avec mon ami avocat. J’apprend que le « corps du délit » a disparu. Les plus d’un milliards saisis ont  carrément disparu. Et les billets restitués aux commerçants sont bien craquants, venus directement de la Banque, en lieu et place des billets relativement sales  saisis. Les billets restitués ne correspondent pas aux différentes dévises qui composaient la pactole. Chose qui sort de l’entendement. En matière judiciare, l’objet saisi doit être conservé et restitué intégralement au besoin. On a juste l’impression que des gens « intouchables » se sont partagés les sous depuis longtemps. Et qu’on a dû puiser dans une caisse de l’Etat pour la restitution. Tant pis pour les bourses du contribuable.

J’apprend que c’est une pratique courante qu’après une interpelation ou perquisition, lorsqu’il y a saisi d’argent, des « gens » (suivez mon regard) se le partagent et en font un Procès Verbal qu’ils osent envoyer au juge qui à sont our devra s’en contenter pour la poursuite de l’affaire. Notre interlocuteur précise que ces genres de détournement des fonds des prévenus ont souvent cours dans des dossiers de trafic de drogue. Autant de choses qui ont poussé notre vis-à-vis à lancer: « on n’a plus de limite dans ce pays ».

Qui sont ces personnes qui se partagent les fonds des « trafiquants de drogues » et des commerçants spoliés? Vous les connaissez.

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