Transparence dans les industries extractives: le Togo continue de trainer ses tares

Les « manquements » constatés dans les transactions financières dans le secteur extractif au Togo et mentionnés dans un rapport publié en mars 2012 ne sont toujours pas corrigés. Et c’est le coordonnateur du Secretariat technique de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) qui s’en est inquiété jeudi 13 décembre à la suite d’une réunion à la Primature.

Le Togo est-il décidé à laisser évoluer son industrie extractive en toute opacité? La question vaut son pesant d’or. Depuis 2010, le Togo s’est engagé à rendre transparente la gestion de son industrie extrative.  En septembre de la même année, sur recommandation de certaines institutions internationales, il a adressé une demande candidature au Secretariat international de l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie Extractive (ITIE) pour faire partie du processus. En  Octobre, soit un mois plus tard, sa candidature est acceptée et il est déclaré « pays candidat ». Deux ans après, s’ il observe très bien les principes du processus, le Togo sera déclaré  « pays conforme ». Le Togo attend donc son label de « conformité » en 2013, après un processus d’un peu plus de deux ans au cours desquels il est tenu de publier deux rapports sur les flux financiers entre les agences de l’Etat et les industries extractives.

Le premier rapport publié le 1er mars 2012 a relevé des manquements graves au niveau des comptes de l’Etat. Par exemple, le rapport qui est réalisé par un cabinet anglais a pu constater qu’une entreprise installée dans l’exploitation du calcaire à Tabligbo a déclaré avoir versé près d’un milliard de F CFA à L’Etat, somme dont les traces ont disparu dans les caisses de l’Etat. D’autres disfonctionnements ont pu être relevés, notamment en matière de la fiabilité des comptes des agences étatiques dont la plupart ne sont pas audités par des institutions indépendantes. Peut-être une astuce pour cacher d’autres scandales financiers? Qui sait!

Mais voilà, pendant que le pays s’apprête à collecter pour la deuxième fois les données financières et en faire un rapport dont la réalisation est généralement confiée à un cabinet étranger, les choses ne semblent pas avoir bougé. C’est ce qui inquitète M. Kokou Agbemadon, qui a tenu à le déclarer à la presse au sortir d’une réunion avec le premier ministre.

Le rapport sur l’Indice de perception de la Corruption dans le monde place le Togo loin derrière ses voisins le Ghana, le Bénin, le Burkina. L’industrie extractive togolaise se développe depuis quelques années suivant un rythme accéléré. Le Togo exploite déjà le phosphate, le calcaire, le marbre, le fer, les granulats, l’eau souterraine. Il pourra bientôt lancer l’exploitation du maganèse et du phosphate carbonaté. Sans oublier que d’importantes quantités d’or sont exportées à partir du Togo.

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Une réponse à “Transparence dans les industries extractives: le Togo continue de trainer ses tares

  1. Ce rapport est sorti depuis mars mais qu’est ce qui s’en est suivi? Silence! Dieu seul peut sauver le peuple togolais de cette maudite façon de gérer la chose publique.
    Ça ne m’étonnera pas qu’un jour, excédé le peuple demande des comptes à toutes ces personnes qui sont chargées aujourd’hui de la gestion.
    Que Dieu bénisse le Togo.

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