L’histoire de l’ « assassinat » d’un jeune qui a vu venir, impuissant, sa mort: qui a achevé l’humoriste Yao Borma au CHU Sylvanus Olympio?

Nous avons appris la nouvelle dans la journée de jeudi 25 novembre dernier. Un jeune humoriste a été admis la nuit précédente au Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio de Lomé, après avoir été fusillé la nuit précédente par des éléments de la Gendarmerie togolaise.

Derrière ce mur du premier Centre Hospitalier Universitaire du Togo, tellement de choses mystérieuses se passent. Beaucoup y rentrent, mais il faut être chanceux pour en ressortir vivant.

Admis à la réanimation, son état a été stabilisé. « Tout ce qu’il voulait faire, il le demandait à le faire lui-même, par exemple, il se levait pour uriner lui-même », a indiqué son grand-frère sur une radio Locale à Lomé. Seulement, son poumon droit est gravement atteint. Il faut faire une ablation. les balles ont également touché son bras. Il faut opérer la victime. Les ordonnances ont été prescrites. La famille fait l’effort de rassembler le nécessaire. malheureusement, l’opération ne sera jamais réalisée, jusqu’à ce que le jeune ne passe de vie à trépas le lundi 29 octobre, soit cinq jours après sa fusillade.

Et voici le déballage. profondément choquée par la nouvelle, la famille décide de ne pas se taire sur ce qui a pu se passer avec leur fils et frère. Son grand frère est convaincu que « ben » (le surnom de l’humoriste) a été « achevé » sur son lit d’hôpital. Et voici pourquoi?

« C’est dans la nuit de mercredi, vers 23h que mon frère cadet m’a appelé mon petit frère ben s’est fait fusillé par des hommes armés. Mon premier réflexe, je lui dit de chercher un taxi et de le transporter à l’hôpital. Cinq minutes après, il m’appelle et me dit qu’il y a une brigade de Gendarmerie qui est arrivé sur les lieux et qui l’empêche d’avoir accès à notre frère blessé. Je me suis transporté sur les lieux, j’ai approché un gendarme et je lui explique que je suis son grand frère et que je suis arrivé pour le transporter à l’hôpital. Il me dit qu’il me dit qu’il ne peut pas me laisser le transporter qu’il y aune autre unité de gendarmerie qui doit venir encore avant qu’on ne puisse le prendre. j’ai commencé par le gueuler…j’ai attendu pendant des minutes, je désespérais et la voiture arrive enfin. Un corp habillé est sorti de la voiture, je l’ai approché il n’a pas voulu m’écouter. Il s’est transporté sur le lieu du blessé. Et tout ce temps; moi en tant que son grand frère, ils n’ont pas voulu me laisser aller sur les lieux. Quand ils sont revenu, le monsieur a pris le téléphone, il a commencé par parler avec quelqu’un et il dit « je suis sur les lieux, on a fouillé la voiture et on a retrouvé un pistolet artisanal dans la voiture ». Sans vous mentir, j’étais sur les lieux avant que l’unité là n’arrive et ils n’ont même pas fouillé la voiture de mon frère en question. La seule chose qu’ils ont faite est qu’ils se sont transportés sur les lieux et quand il est revenu, il a commencé par appeler.

Entre-temps, on a un autre frère officier, on l’a appelé. Il est arrivé sur les lieux. Ils les approché, on lui a donné accès au lieu. On le croyait mort c’est lui (l’officier) qui est parti remarquer qu’il vivait, qu’il respirait encore. On le transporte à l’hôpital où on l’a traité et le lendemain il a retrouvé son état et quand il s’est réveillé il m’a parlé ».

Selon la version de la famille, Ben et un autre du nom de Edem revenaient du Ghana voisin (à quelques minutes  de Lomé) où ils sont partis chercher, comme d’habitude, du carburant dans uns station d’essence avec un reçu à l’appui. Généralement, arrivés à la frontière on les fait payer, avant qu’il ne rentre sur le sol togolais. C’est à leur retour qu’ils ont remarqué qu’ils sont suivis par « une voiture noire », ce qui les a poussés à filer vers la maison où ils pensaient devoir être en sécurité. c’est à la devanture de leur maison, pendant qu’ils tentaient de renter et le temps de raconter leur mésaventure à un frère qui, lui, était à la devanture avant leur arrivée, les bourreaux les ont rejoints. « Ils ont commencé à les tabasser et ils ont crié au secours, quand les gens sont sortis, les bourreaux se sont retournés vers les gens et mon petit frère lui a pu s’échapper et le temps qu’ils rentre ils ont ouvert le feu sur lui et quand il est tombé ils sont venus lui mettre une balle dans le dos et ont tenté de l’étrangler. Il a réussi à mordre la main de celui qui l’étranglait et il a joué au mort. Ils revenu revenu le piétiner avec leur Rangers et sont repartis », a raconté le grand-frère, pasteur de son état, qui dit ne fait que reprendre ce que son frère lui a confié avant de mourir.

A l’hôpital, les ennuis de Ben ont continué. « les médecins m’ont dit, il est hors de danger. On retrouvé un gaz dans son poumon  atteint par les balles, donc on va l’opérer et faire l’ablation du poumon et qu’il va vivre avec un poumon« . On devrait l’opérer le dimanche. Mais rien. L’opération est reporté au lendemain, lundi.

Entre-temps, le malade qui semblait se porter « bien », puisqu’il faisait tout de lui-même, a manifesté des craintes. « Grand-frère, ses médecins vont me tuer« , a confié la malade à son frère. « Regarde, je respirait bien, mais depuis qu’ils m’ont fait quelque chose, je ne respire plus normalement; il y a parmi eux, un qui me traite bien, Stp dit lui de ne pas quitter la salle, et s’il faut le payer, on va lui payer », réclamait-il.

« Lui même appelle celui en qui il avait confiance et lui dit de ne pas quitter la salle, que même s’il faut lui payer, son frère va le faire. Et la personne de lui dire qu’ils travaillent en équipe, que lui il doit partir pour que d’autres viennent. Il ne voulait pas que moi même je quitte la salle de réanimation. j’ai dû le tromper que je dois aller acheter un produit avant de sortir de la salle  et ‘c’est la dernière fois que je parle avec mon frère. Je ne savais pas que mon petit-frère savait qu’il devait être achevé dans cet hôpital Sylanus olympio« .

Le dimanche, l’anesthésiste m’a appelé pour une situation. Il me dit que mon frère ne respire pas bien.  Je suis allé, je n’ai pas reconnu mon petit-frère. Il avait les tuyaux dans le nez et un peu partout. Le dimanche vers 13h, j’ai forcé et je suis rentré dans la salle quand j’ai vu mon petit-frère, j’ai dit ce n ‘est pas possible. j’ai dû appeler un ami docteur qui était à Lomé et qui est maintenant à l’extérieur. c’est qui qui me dit que les docteurs ont refusé de faire l’opération, que rien ne les empêchait de faire l’opération. Que, de jeudi à dimanche, l’infection a dû s’aggraver ». « Sans te mentir, tu es un homme, ton frère ne va pas vivre. C’est sûr qu’ils n’ont pas pris la décision eux-même, puisque c’est leur travail de sauver les vies humaines, quelque eu soit le risque, il faut tenter. S’il vous ont donné l’ordonnance c’est qu’ils voulaient le faire, mais peut-être comme c’est un cas juridico-chirurgical, on leur a demandé de ne pas intervenir ».

Vous avez compris. Le jeune n’a pas survécu. « Mais qu’est ce qui s’est passé par la suite? »a retorqué un chirurgien lorsque je lui apprenais la nouvelle, lundi soir. Lui qui a vu le malade sur son lit et qui m’avait rassuré dès les premières heures de la fusillade que son état n’était pas alarmant, n’a rien compris à ce qui a pu se passer. Ça, c’est l’histoire d’un assassinat pur et simple. Que le Togo fait peur, très peur.

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5 réponses à “L’histoire de l’ « assassinat » d’un jeune qui a vu venir, impuissant, sa mort: qui a achevé l’humoriste Yao Borma au CHU Sylvanus Olympio?

  1. Oui, oui l´opposition a toujours tort!
    Même si c´est le cas, il était armé? L´opposition lui a montre des cibles?

  2. Allons-nous taire pour encourager et contribuer à l´impunité au TOGO ?
    Non et non: Je ne veux ni assister ni participer au bal des meurtriers. […]
    Je ne vais jamais, plus jamais accepter que l´un de mes frères tombe dans les circonstances décrites. À qui le suivant …, moi, toi ?

    J´ai souvent regardé ces émissions sur You tube! Oh c´est dommage pour notre pays. Mes frères je ferai parvenir une pétition pour que les coupables payent… Nous allons aussi porter plainte contre l´État et l e CHU pour la non-assistance d´une personne en danger d´une part et aussi d´une personne gravement blessée. Ce n´est pas au hasard, vous comprenez bien ce qu´ils font? Ils vont vous éliminé un à un s´ils constatent que vous êtes très intelligents. Ils n´aiment pas les génies, ils n´aiment pas que tu touches à leur mal acquis et ce sont les gens comme Borma, les gens comme toi, qu´ils contraints en exil ou tuent si l´occasion le leur permet. Chers frère soyez prudents et communicatifs, apprenez des faits passés et présents pour vous protéger. Ensuite ne rester pas seuls, regagnez les organisations et/ou créez-en pour ne pas se sentir seuls et rester informer, c´est nécessaire. Apprenons de nos expériences du présent. Mais n´ayez crainte, la technologie de l´information et de la communication nous réunis tous. C´est le lien, le plus solide que nous avons maintenant! Utilisons ces moyens, profitons des maintenant de cet instrument pour combattre le mal. Notre seule chance, pour survivre et combattre le monstre, c´est resté unir, solidaire, loyal et sûr de soi-même! Si nous faisons ainsi, nous vaincrons. Le combat est rude mais la victoire n´est pas loin. Et surtout, ne vous découragez, ne vous laissez pas intimider, car ils savent que la mort de Borma nous fera mal, oui ils ont réussi mais, ils doivent savoir que Borma est tombé dans un combat et de surplus sans armes!!! Mes plus grands regret à sa famille et proches. Nous serons responsables, si la Mort de Borma reste impuni! Encore une fois, mes condoléances à la famille togolaise, qui vient de perdre encore une fois un de ces fils qui ne cherchais qu´à vivre en paix et dans la vérité! Mes profonds regrets à la famille togolaise des artistes… Ce garçon est mort jeune!!! Et combien voudrions-nous en perdre? Je dis maintenant donc finissons avec ce régime.

  3. Que c’est triste! Je ne comprends pas comment on peut etre si cruel? je crois que je ne comprendrai jamais ce pays, qui est malheureusement le mien…

  4. Un mort de plus.
    Est-ce logique de donner le nom d’un chef d’état assassiné à un hôpital qui bat le record toutes catégories confondues de morts dans le pays?
    La main du système est sur ce centre hospitalier quoi qu’on dise.

  5. Dites-nous si les parents ont récupéré les balles après l’oppération. De plus il faudra identifier l’officier qui disait qu’il a retrouvé un pistolet dans la voiture du petit. On constate que cà va de plus en plus mal mais nous sommes tous impuissants ou encore nous sommes comme des impuissants.

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