Des agents de santé payés à 1500 F CFA par mois au Togo…Grève!

Ils sont des milliers comme cela au Togo à donner de leur vie pour en sauver d’autres, sans pourvoir vivre de leur travail.

Selon ministre de la Santé togolais Prof Charles Kondi Agba, il existe des agents de santé qui sont payés à 1500 (mille cinq cents) francs CFA dans notre pays.  C’est bien le sort de ces catégories d’agents qui constitue la pomme de discorde entre le gouvernement le Syndicat national des Praticiens hospitaliers du Togo (Synphot) depuis deux semaines. D’où une grève reconductible de deux jours annoncée.

Selon des chiffres fournis par le ministère de la Santé, ils sont plus de deux mille sept  cents (2700) à officier dans des centre de soins publics au Togo à constituer une catégorie baptisée COGES ( Comités de gestion communautaire). Contrairement à leurs autres collègues qui sont payés directement par le Trésor public (on les appelle budget général) ou sur les budgets des centres hospitaliers (budget autonomes), eux, COGES, sont recrutés et payés par les communautés et collectivités locales pour pallier le manque de ressources humaines dans des structures de soin publics.

Institué depuis janvier 1991 par arrêté ministériel, le système de COGES a pris de l’ampleur au fil des années. Ce sont des comités dont les membres sont élus par les populations d’une certaine localité et qui ont pour attribution la gestion  des stocks de médicaments et des ressources provenant de cette gestion. Ces COGES que l’on retrouve partout sur le territoire national, même dans la capitale Lomé procèdent à  des recrutements pour répondre à des besoins de manque de personnel. Ce sont donc les agents recrutés par ces comités qui portent l’attribut de COGES. « Les COGES recrutent à tour de bras des personnels supposés d’appoint, leur font des contrats annuels renouvelables, ne payent parfois pasdes indemnités de garde et d’astreinte ou alors irrégulièrement« , décrit le ministre de tutelle du secteur. On apprend que parmi eux se trouvent des médecins, des assistants médicaux, des infirmiers, des sages-femmes diplômés d’état, ou d’agents d’appui. « les salaires sont très disparates, parfois fantaisistes« , reconnaît M. Agba.

En juin 2011, un bras de fer a opposé pendant quelques semaines le gouvernement à au syndicat des agents de santé. La crise a même emporté le ministre de la Santé de l’époque (qui était précédemment Premier ministre) Komlan Mally. Finalement un compromis a été trouvé et un accord signé entre les deux parties. Le texte contient plusieurs engagements de l’Etat dont des revalorisations de salaire et de primes.  C’est justement le paiement de ces primes qui pose problème. Les COGES sont jusqu’ici exclus de la jouissance des primes  prévues dans l’accord, ce qui révolte les syndicalistes. « Ils ne sont pas couverts par les mesures prises par le gouvernement« , avance le ministre de la Santé qui ne semble pas voir d’un bon œil cette catégorie du personnel. Faux! rétorque le monde médical.

« Lors de ces négociations de juin, le calcul des primes de risque et contagion s’est fait sur la base des 10.585 agents, représentés par les agents de budget général, ceux des budgets autonomes et ceux émargeant aux budgets communautaires (voici les chiffres fournis par le ministère de la Santé, chiffres ayant servi de références pour les calculs: catégories A1: 540 A2: 3252, B, C, D, COGES et agents permanents= 6793. Total= 10.585 agents). Les agents des budgets communautaires ont donc été pris en compte dans le calcul des primes et la répartition de l’enveloppe financière » soutiennent avec insistance ceux-là même qui représentaient le monde médical autour de la table de négociation avec le gouvernement. Il n’ont pas manqué de le signifier en tout cas au ministre de la Santé, Charles Kondi Agba, par le biais d’une lettre.

Ils annoncent d’ailleurs deux jours de grève reconductible les jeudi 16 et vendredi 17 juin prochain dans tous les centre de santé publics du Togo. A l’occasion, toutes les catégories se montreront solidaires des COGES. Parmi les revendications, le Synphot évoque également la lenteur qui caractérise les audits des centres de soins. C’était un des points contenus dans l’accord. Les centres de soins dont la gestion semble à ce jour être catastrophique devraient être audités pour permettre d’avoir une visibilité claire sur les états financiers et aussi pour limiter des travers comme des recrutements anarchiques.  Selon les sources, seulement une dizaine d’audits a été faite à ce jour, sur une total de huit cents.

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